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L’important est qu’on en parle

Dimanche 30 novembre, 2008 • par admin
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Un journaliste interpellé chez lui aux petites heures du matin, injurié par les policiers devant ses deux enfants, emmené menottes aux mains, deux fois fouillé à corps, retenu au commissariat pendant cinq heures, libéré enfin par ses geôliers sans un mot d’excuse… Et alors, direz-vous… On sait bien hélas que la chose est monnaie courante en Chine, en Iran, en Egypte, en Russie, en Ouganda, en Guinée. Heureux là-bas celui, journaliste ou non, qui se tire à si bon compte.
Le hic, c’est que ces faits se sont déroulés en France. Allons bon, direz-vous, sous Napoléon III, pendant l’Occupation, en août 1944, à la rigueur au plus fort de la guerre d’Algérie ? Hélas, c’est vendredi dernier, 28 novembre 2008, que Vittorio de Filippis, ancien directeur de la publication de Libération, a connu cette désagréable mésaventure.
La faute première incombe à la vice-présidente du tribunal de grande instance de Paris qui, saisie d’une plainte en diffamation contre de Filippis, plainte qui dans tous les cas ne pouvait en aucune manière déboucher sur une incarcération, moins encore sur une peine de prison, a cru devoir, au lieu de convoquer l’intéressé à son bureau, le faire arrêter comme s’il s’était agi d’un malfaiteur.
La faute deuxième est celle des policiers qui, ignorant à qui ils avaient affaire, ont traité ce journaliste comme ils auraient fait d’un malfaiteur. Combien de suspects anonymes, chaque jour, sont traités de la sorte, sans avoir les moyens de le faire savoir, sans que quiconque s’en soucie, en toute impunité ?
L’incident rappelle opportunément qu’il n’y a qu’un pas du pouvoir, judiciaire ou policier, à l’abus de pouvoir, que la marge est étroite et parfois facilement franchie entre une police républicaine et une police arbitraire, entre une justice équitable et une justice sommaire.
On en parle parce qu’un journaliste est en cause ? C’est possible, c’est même certain. L’important est qu’on en parle, pour que cela ne se reproduise plus.
Dominique Jamet






  1. Bouvier a dit:

    Les poursuites en diffamation sont depuis longtemps utilisées pour intimider les journalistes encombrants avec le concours de l’appareil judiciaire. Il ne manquait plus que l’intimidation s’exerce en plus avec l’appui de la force publique… Si chaque fois que j’ai été mis en examen, les gendarmes étaient venus me tirer du lit pour me traîner menottes aux poignets devant un juge d’instruction, je n’ose imaginer ce qu’il resterait de ma réputation dans le voisinage ! Si on ajoute à ça qu’au bout du compte je n’ai jamais été condamné, on mesurera aisément ce qu’il peut y avoir de Justice dévoyée, dans ce prétendu « respect des règles de procédure ». Cette histoire, c’est Tintin au Tibet !

  2. VOCEL a dit:

    Ce type semble un habitué de la diffamation,
    et pourtant, c’est forcément lui qui dit la vérité……..


  1. Sur: tapemoi.com

    L’important est qu’on en parle (La chronique de Dominique Jamet)…

    Un journaliste interpellé chez lui aux petites heures du matin, injurié par les policiers devant ses deux enfants, emmené menottes aux mains, deux fois fouillé à corps, retenu au commissariat pendant cinq heures, libéré enfin par ses geôliers s…

  2. Sur: bluegger.com

    L’important est qu’on en parle (La chronique de Dominique Jamet) | info-télé…

    Un journaliste interpellé chez lui aux petites heures du matin, injurié par les policiers devant ses deux enfants, emmené menottes aux mains, deux fois fouillé à corps, retenu au commissariat pendant cinq heures, libéré enfin par ses geôliers s…

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