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Thomas Hughes : « Médias, le magazine n’a rien à voir avec Arrêt sur images »

Samedi 6 septembre, 2008 • par admin
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Après un départ dans la douleur de TF1, et un passage remarqué sur i-TéLé, Thomas Hughes rejoint cette année le service public. Dès aujourd’hui, à 12 heures sur France 5, il présente Médias, le magazine et reçoit comme premier invité son ex-femme, Laurence Ferrari. Entretien.
Quel bilan tirez-vous de vos deux années passées sur i Thomas Hughes. Que du positif ! Pendant deux ans, j’ai pu faire beaucoup de news et de politique. Tout ce que j’aime. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’avais rejoint i Et vous débarquez à France 5
T.H.
Parce qu’on m’a proposé un beau projet sur les médias et que je pense que c’est le bon moment d’en parler.
Pourquoi ?
T.H.
Je pense que nous allons vivre la rentrée médiatique la plus intéressante depuis la privatisation de TF1. Ça va faire vingt ans qu’il n’y avait pas eu autant d’enjeux tous médias confondus. C’est ce qui est intéressant.
Vous avez des exemples ?
T.H.
Orange qui vient en frontal face à Canal+ sur le marché de la télé, la TNT qui continue de grignoter des parts de marché aux grandes chaînes historiques, France Télévisions qui va apprendre à vivre sans publicité, la presse écrite qui doit se confronter à une concurrence internet de plus en plus forte, les radios qui se lancent dans une guerre des « Matinales » acharnée… Je pourrais en citer beaucoup d’autres. C’est ce qui m’a fait accepter ce défi, passionnant.
Et vous vous sentez légitime pour analyser les médias ?
T.H.
J’ai toujours porté sur mon travail de journaliste et sur le travail de mes confrères un regard acéré. J’aime bien comprendre pourquoi un quotidien choisit tel titre à la Une plutôt qu’un autre. J’aime comprendre le sens d’une image, d’une photo. Une image n’est jamais anodine. Finalement à travers ce magazine, c’est ce que je vais continuer à faire.
A quoi va ressembler Médias, le magazine ?
T.H.
Chaque semaine, nous allons analyser avec rigueur et indépendance l’actualité des médias. De tous les médias. On va essayé de donner aux téléspectateurs des clés pour qu’ils comprennent quels choix ont été fait pour traiter une actualité et quels enjeux il peut y avoir derrière ces choix. Des enjeux économiques lourds ou politiques. Ce que je souhaite, c’est d’être au plus près de l’actualité, quitte à casser le conducteur de l’émission la veille de son enregistrement.
Vous suivez les traces de Daniel Schneidermann ?
T.H.
Médias, le magazine n’a rien à voir avec Arrêt sur images. Je serai seul à présenter ce magazine où sera faite une large place aux reportages sur les coulisses de la télévision, de la radio et de la presse. Il n’y aura pas de chroniqueurs mais je serais entouré quelques fois d’experts, s’ils sont nécessaires. Tout se passera sans lynchage ou auto-dérision.
Comment allez-vous vous différencier des autres émissions consacrées aux médias ?
T.H.
Nous ne nous positions pas par rapport aux autres. Nous proposons un magazine de décryptage avec les valeurs de France 5 à savoir des valeurs de savoir, de connaisance, d’exigence vis à vis des téléspectateurs. Nous ne travaillerons pas en fonction de ce que présente +Clair, Morandini !, Pif-Paf ou ce que faisait Daniel Schneidermann. Nous avons votre idée sur la manière de traiter les médias. C’est le public qui jugera notre regard un peu différent.
On dit la presse muselée…
T.H.
Il y a évidemment des liens avec les pouvoirs économiques et politiques. La force de chaque journaliste, c’est de réussir à s’en détacher. C’est pas facile, mais je pense qu’on peut tous se créer une bulle de liberté.
Que pensez-vous de l’éviction de PPDA ?
T.H.
On m’a dit il y a quelques années que personne n’est propriétaire de son fauteuil. C’est au tour de Patrick de le vivre. Maintenant, je suis très curieux de savoir ce qu’il va faire, parce que c’est un grand journaliste, un grand professionnel et son regard sur l’actualité me manquerait s’il n’était pas à l’antenne l’année prochaine.
Et pour Laurence Ferrari ?
T.H.
C’est un beau défi et elle sera au niveau !
Auriez-vous accepté de prendre le fauteuil de PPDA ?
T.H.
Je crois que c’est une proposition qui ne se refuse pas.
Propos recueillis par Patrick Cabannes
France 5, 12 heures





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